Comprendre l’augmentation des loyers en 2026 au Québec : nouvelle méthode, nouveau départ

L’année 2026 marque un tournant historique pour le marché locatif québécois. Avec une augmentation suggérée de 3,1%, le Tribunal administratif du logement (TAL) introduit une méthode de calcul entièrement revue qui promet plus de clarté et de prévisibilité. Que vous soyez locataire ou propriétaire, il est essentiel de comprendre ces changements pour mieux naviguer dans ce nouveau paysage immobilier.

Une réforme majeure après plus de 40 ans

Après le choc des 5,9% de 2025 — le taux le plus élevé en 30 ans — le gouvernement du Québec a jugé nécessaire de revoir en profondeur la méthode de fixation des loyers. Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, cette réforme constitue le changement le plus important depuis 1981 en matière de réglementation des loyers.

Une méthode simplifiée pour plus de transparence

La nouvelle approche du TAL réduit drastiquement la complexité du calcul. Alors que l’ancienne méthode reposait sur plus d’une dizaine de variables, le nouveau système ne compte que quatre composantes principales :

  1. La moyenne mobile de l’IPC sur trois ans : Il s’agit de l’élément central qui détermine le taux de base. Pour 2026, cette moyenne s’établit à 3,1%.
  2. Les dépenses d’immobilisation : Les propriétaires peuvent maintenant récupérer jusqu’à 5% par année (amorti sur 20 ans) de leurs investissements en rénovation.
  3. La variation des taxes municipales et scolaires : Si l’augmentation des taxes dépasse l’inflation, une portion peut être répercutée sur le loyer.
  4. La variation des primes d’assurance : Les hausses d’assurance au-delà de l’inflation peuvent également être considérées.

Cette simplification vise à faciliter les négociations entre locataires et propriétaires en s’appuyant sur des données économiques objectives et facilement vérifiables.

Les taux d’augmentation pour 2026

Le TAL a dévoilé plusieurs taux applicables selon différentes situations :

  • Taux de base : 3,1% pour les logements sans rénovations majeures
  • Baux signés avant le 1er avril 2026 : 4,5%
  • Résidences pour aînés avec services : 6,7% (applicable uniquement à la portion des services, pas au loyer de base)

Bien que moins spectaculaire que le 5,9% de 2025, le taux de 3,1% demeure la troisième augmentation en importance des 20 dernières années, souligne le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dans une réaction à l’annonce du TAL.

Ce que les locataires doivent savoir

Vos droits face à une hausse

Les locataires conservent des protections importantes en 2026 :

  • Le droit de refuser toute augmentation et de rester dans votre logement
  • Le droit de contester auprès du TAL si la hausse semble excessive
  • L’obligation pour le propriétaire de justifier toute augmentation avec des calculs précis

Un nouveau système de médiation a été mis en place pour résoudre les conflits plus rapidement et à moindre coût que les procédures judiciaires traditionnelles.

Ce qui change pour les propriétaires

Un cadre plus prévisible

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) salue cette nouvelle méthode qui offre plus de prévisibilité dans la planification financière. Le taux fixe de 5% sur 20 ans pour les rénovations permet notamment aux propriétaires de mieux planifier leurs investissements d’entretien.

Une réalité de marché plus complexe

Selon Éric Sansoucy, porte-parole de la CORPIQ, le contexte de 2026 est particulier pour les propriétaires. Dans une entrevue à La Presse, il soulignait que la location devient plus difficile en raison des nouveaux seuils en immigration et du nombre record de nouveaux logements disponibles. Dans certains secteurs, les prix se stabilisent, voire diminuent.

Les propriétaires devront donc être stratégiques et s’assurer que leurs augmentations reflètent la valeur réelle du marché local, pas seulement ce que permet le calcul du TAL.

Préparer son budget pour 2026

Stratégies pour les locataires

  1. Anticipez la hausse : Commencez dès maintenant à ajuster votre budget mensuel
  2. Documentez-vous : Comparez les loyers moyens de votre quartier sur des sites comme Logis Québec
  3. Négociez en amont : Discutez avec votre propriétaire avant la période de renouvellement
  4. Explorez les aides disponibles : Vérifiez votre admissibilité à l’Allocation-Logement ou au Programme de supplément au loyer

Les aides financières disponibles

Le gouvernement québécois offre plusieurs programmes de soutien :

ProgrammeMontantCritères principaux
Allocation-LogementJusqu’à 170$/mois50 ans et plus ou enfant à charge, consacrer 30% du revenu au logement
Programme de supplément au loyer (PSLQ)Loyer réduit à 25% du revenuÊtre admissible au logement à loyer modique

N’hésitez pas à contacter votre municipalité ou les organismes locaux d’aide au logement pour connaître toutes les options disponibles.

Un équilibre délicat

Cette réforme de 2026 tente de trouver un équilibre entre la protection des locataires et la viabilité économique pour les propriétaires. Si la nouvelle méthode apporte plus de clarté, plusieurs groupes de défense des locataires soulignent que les taux auraient été nettement plus élevés avec cette formule au cours des 15 dernières années.

Sources

Partagez cet article :